Retour de l’Expédition Antarctique : Navigation polaire et sensibilisation environnementale

Sensibilisation, environnement et réalités antarctiques : L’Antarctique offre une beauté sauvage spectaculaire : icebergs monumentaux, silence presque total, lumière et couleurs uniques, faune évoluant librement dans un environnement intact. On a parfois le sentiment d’évoluer sur une autre planète, tant les repères habituels disparaissent. Cette immensité donne pourtant une fausse impression de robustesse. En réalité, il s’agit d’un écosystème extrêmement fragile, d’autant plus que les régions polaires se réchauffent en moyenne entre deux et quatre fois plus vite que le reste de la planète, faisant des pôles de véritables sentinelles du changement climatique. L’Antarctique est également directement concerné par le trou dans la couche d’ozone, dont les effets sur les écosystèmes polaires sont bien documentés. « L’un des derniers grands espaces naturels encore largement intacts de la planète » ❄️ Dans ce contexte s’appliquent des règles strictes encadrant l’ensemble des activités humaines en Antarctique. Elles s’inscrivent dans le Traité sur l’Antarctique, signé en 1959 et entré en vigueur en 1961, qui fait de ce continent un territoire dédié à la paix, à la science et à la coopération internationale. Le Traité interdit toute appropriation territoriale, toute activité militaire et toute exploitation des ressources à des fins commerciales. Sa mise en oeuvre et son contrôle relèvent exclusivement des États signataires, seuls habilités à exercer un pouvoir coercitif et à sanctionner d’éventuelles infractions. Si ce cadre juridique exceptionnel a permis, depuis plus de soixante ans, de préserver l’Antarctique comme un espace à part, son avenir suscite aujourd’hui de réelles inquiétudes. À l’approche des échéances de révision de certains protocoles, notamment à l’horizon du XXIe siècle, la crainte est grande de voir s’ouvrir des renégociations entre États aux intérêts parfois divergents. Dans un contexte de tensions géopolitiques, de pression accrue sur les ressources naturelles et de réchauffement climatique accéléré, ces discussions pourraient fragiliser un équilibre jusque-là relativement préservé. Si le Traité ne permet pas, en l’état, l’exploitation des ressources antarctiques, sa remise en question pourrait ouvrir la voie à des dynamiques aux conséquences potentiellement néfastes pour l’un des derniers grands espaces naturels encore largement intacts de la planète. Dans ce contexte, l’IAATO (International Association of Antarctica Tour Operators) joue un rôle central de coordination et d’autorégulation. Cette association internationale regroupe des opérateurs touristiques et d’expédition intervenant en Antarctique et diffuse des protocoles de bonnes pratiques environnementales particulièrement stricts. L’IAATO ne dispose pas de pouvoir juridique contraignant, mais ses membres s’engagent volontairement à respecter ces règles. En cas de manquement, les faits peuvent être signalés aux autorités nationales compétentes relevant du cadre du Traité sur l’Antarctique. Sur le terrain, ces règles étaient appliquées avec une grande rigueur. Nous respections une distance minimale de cinq mètres avec la faune, dix mètres étant la distance idéale. La majorité des images ont été prises au zoom et, lorsque les animaux s’approchaient d’eux mêmes, nous restions immobiles, sans jamais provoquer d’interaction. Au-delà de ces distances, nous suivions un protocole strict et systématique de biosécurité avant chaque débarquement à terre. Celui-ci comprenait des procédures de désinfectionbiologique du matériel, des vêtements, des chaussures et des bottes, afin d’éviter toute introduction de graines, de micro-organismes ou de contaminants extérieurs dans un environnement où les équilibres naturels sont extrêmement sensibles. Ces protocoles sont d’autant plus essentiels que certaines maladies peuvent être propagées par l’activité humaine, comme le virus de la grippe aviaire, qui affecte actuellement certaines colonies de manchots en Antarctique. Limiter les risques de transmission constitue donc une priorité absolue. Même très bien encadré, le tourisme de masse, notamment via de grands paquebots débarquant plusieurs centaines de personnes, pose un réel problème. On constate chaque année la présence d’un paquebot supplémentaire dans le port de départ d’Ushuaïa, principal point d’accès à l’Antarctique. Une telle fréquentation ne peut qu’impacter un milieu aussi sensible, ce qui interroge sur les limites du modèle actuel. Cette fragilité est d’autant plus préoccupante que l’Antarctique subit d’autres pressions environnementales. On observe notamment la présence de navires de pêche industrielle autorisés à exploiter le krill, une ressource essentielle servant de base alimentaire à de nombreuses espèces antarctiques. Le krill est notamment utilisé sous forme de farine dans l’industrie alimentaire, entre autres usages, ce qui suscite de vives inquiétudes scientifiques quant à l’équilibre de l’écosystème. Des analyses révèlent également la présence de microplastiques jusque dans les régions antarctiques, rappelant que même ce territoire situé à l’autre bout du monde, dans le Grand Sud, n’est plus totalement isolé de l’impact global des activités humaines. L’Antarctique demeure par ailleurs mal connu du grand public. On l’imagine souvent comme une simple banquise plate, alors qu’il s’agit d’un véritable continent, recouvert de glace et de neige, vaste d’environ une fois et demie la superficie de l’Europe, composé de reliefs et de chaînes de montagnes immenses. Ces chaînes montagneuses constituent en réalité la continuité géologique de la cordillère des Andes, qui se prolonge sous l’océan Austral jusqu’en Antarctique. Navigation d’approche, passage de Drake et navigation hauturière Le départ de l’expédition a eu lieu depuis le port d’Ushuaïa, en Patagonie (Terre de Feu, Argentine), considérée comme la plus grande ville australe du monde. Ce port constitue le principal point de départ des navigations vers la péninsule Antarctique nord-ouest. L’appareillage a eu lieu le 2 décembre, pour un retour le 26 décembre, soit une navigation et un séjour en zone polaire d’un peu plus de trois semaines. Le voilier comptait à son bord un total de onze personnes. La traversée du passage de Drake a nécessité cinq jours à l’aller. Le retour s’est étalé sur six jours, incluant la remontée du canal de Beagle, rendue plus complexe par des conditions météorologiques et de navigation défavorables, avant de pouvoir rejoindre Ushuaïa. À titre de comparaison, selon les conditions — souvent défavorables en raison d’une météo extrêmement changeante — la traversée du passage de Drake s’effectue généralement en trois à quatre jours, en fonction notamment du type de navire et des fenêtres météorologiques disponibles. La navigation d’approche vers l’Antarctique a constitué une phase majeure du voyage. Dans le canal de Beagle, puis à l’approche de sa sortie vers l’océan
Le Rêve Antarctique : L’Expédition Polaire qui nous inspire

Le Rêve Antarctique : L’Expédition Polaire qui nous inspire ! Instinct de Survie en Milieu Polaire Toute l’équipe d’Instinct de Survie est incroyablement fière et excitée de vous annoncer le grand projet de notre fondateur, Adrien Arcens : une expédition scientifique et naturaliste en voilier vers la zone nord-ouest de l’Antarctique ! C’est l’aboutissement d’un rêve d’enfant et la prolongation de tout ce que nous défendons : l’exploration, la résilience et la passion du terrain. Cette mission se déroulera de fin novembre à fin décembre 2025, et elle est bien plus qu’une simple aventure. C’est une démarche scientifique rigoureuse, environnementale, et bien sûr, une occasion unique de mettre en pratique et de vous transmettre nos connaissances en survie en milieux extrêmes. Un parcours qui nous a préparé au grand froid ❄️ Adrien, le créateur de l’école , a toujours été fasciné par l’aventure et les territoires sauvage5. Son expertise et la pédagogie que nous enseignons à l’école sont le fruit d’années d’expériences intenses sur le terrain : En Italie : C’est là que sa pratique est devenue plus approfondie, notamment en suivant des cours fondamentaux et avancés de survie et en devenant un membre actif de l’association SOS 2012 (Fédération italienne de survie). En Laponie suédoise : On y a appris les techniques suédoises et samis de survie, comme la préparation des pulkas pour le transport, la pêche sous glace et la gestion du feu en continu. Dans les Alpes italiennes : On a géré des expéditions hivernales en moyenne montagne (autour de 1800 m) où on s’est entraîné à l’orientation et à la gestion d’un froid extrême (jusqu’à -25). Au Vietnam : Une immersion dans la jungle tropicale humide nous a permis d’apprendre des techniques locales (construction d’abris en bambou, étude de la faune et de la flore). Notre engagement pour la survie en milieu polaire est donc basé sur des compétences solides, validées par des formations comme le permis hauturier et le CRR (Certificat Restreint de Radiotéléphoniste). Le rôle d’Instinct de Survie à bord : Science et Résilience L’expédition se fera à bord d’un voilier conçu pour les expéditions polaires, en privilégiant une navigation responsable. Notre mission principale sera de contribuer activement aux objectifs naturalistes et scientifiques : Observation et Collecte : On participera à la vie de bord (manœuvres, quarts de jour comme de nuit) tout en collectant des observations et des données environnementales (faune, glace, météo, nuages). Faune Antarctique : On va observer, compter et documenter photographiquement la faune extraordinaire. On espère croiser des manchots (Adélie, papous, à jugulaire) , des phoques (léopard de mer, de Weddell, crabier) , et des cétacés comme des orques et des baleines à bosse. Sensibilisation : L’objectif est de relier cette expérience humaine à l’observation scientifique pour sensibiliser le public à la biodiversité antarctique et au réchauffement climatique. Les chiffres de la navigation Le périple est estimé à environ 1 220 MN (environ 2 259 km), depuis Ushuaia. Le plus grand défi sera bien sûr la traversée du Passage de Drake. C’est un tronçon mythique et redouté, où les vagues atteignent en moyenne 4 mètres par temps normal, en raison de la présence du Courant circumpolaire antarctique (ACC), le plus puissant du monde. Le simple aller-retour représente environ 1 060 MN! Suivez notre rêve ! Cette aventure concrétise non seulement un rêve personnel, mais elle est aussi la meilleure vitrine pour l’enseignement de l’école Instinct de Survie ! Notre but est de vous transmettre cette résilience, cette connaissance et ce respect de la nature. Nous avons hâte de partager le récit de cette expédition, qui sera un retour photographique et narratif complet. D’ici là, Instinct de Survie continue de préparer ses stages qui démarreront en 2026, en France et à l’étranger, pour les enfants et les adultes. Restez connectés pour ne rien manquer de l’expédition et de nos futurs stages ! Toute l’équipe d’Instinct de Survie.